Message de la directrice générale

Isha Malik, psychologue clinicienne chez MSF, partage un moment de détente avec une amie, au Cachemire. Les liens qu’elle entretient aident Isha à gérer l’impact et le stress que génère son travail de soutien à la santé mentale. Inde, 2025. © Deepak Bhatia
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Sana Bég © MSF

Gravement blessés à plusieurs années d’intervalle dans des guerres différentes, Hossam et Iyad se sont rencontrés alors qu’ils étaient hospitalisés à l’hôpital de chirurgie reconstructive de Médecins Sans Frontières (MSF) à Amman, en Jordanie. Loin de chez eux, ces deux jeunes ont noué une amitié étroite fondée sur des expériences communes, des rires et un soutien mutuel.

Comme tant d’autres récits que j’ai eu le privilège d’entendre dans le cadre de mon travail avec MSF, leur histoire m’est restée en mémoire longtemps après que je l’aie lue. Ce sentiment que l’amitié et la communauté peuvent transcender les épreuves et la solitude m’a profondément touchée.

Ce sont des histoires d’humanité et de partage comme celle-ci qui nous ont inspiré ce numéro de Dépêches. Elles témoignent des liens qui nous unissent et de notre humanité partagée. Nous espérons que vous y verrez à quel point votre générosité vous rapproche des équipes de MSF, mais aussi des gens et des communautés auprès de qui nous travaillons, un peu partout à travers le monde.

Dans ce numéro, vous en apprendrez davantage sur le parcours et les rêves que Iyad et Hossam entretiennent pour l’avenir. Vous lirez également les témoignages de mes collègues de Palestine qui ont vécu et travaillé à Gaza pendant plus de deux ans, dans un contexte de dévastation. Leurs histoires sont tirées de la plateforme narrative en ligne Humans of New York, où elles ont été publiées dans le cadre d’une collaboration avec Nour Alsaqqa, spécialiste en communication chez MSF.

Nous partageons également le témoignage de Mubarak Mutawakkil, physiothérapeute chez MSF. Mubarak raconte son expérience auprès d’un jeune garçon et de sa mère dans le contexte de la crise de malnutrition qui sévit actuellement au Nigéria. Les équipes de MSF comme la sienne font tout leur possible pour répondre à cette urgence qui continue de s’aggraver, à mesure que les gouvernements réduisent le financement de l’assistance internationale.

Nous devons sans relâche nourrir l’empathie plutôt que le désespoir.

Nos équipes voient d’ailleurs les conséquences de ces coupes budgétaires dans de nombreux autres endroits où nous travaillons, notamment en Afghanistan et en Somalie. Des pays où l’assistance humanitaire essentielle est insidieusement considérée comme « facultative » par les gouvernements donateurs. Comme MSF est presque entièrement financée par des dons privés, nous ne sommes pas directement touchés par ces coupes. Mais aucune organisation ne peut accomplir ce travail seule.

Alors que l’esprit humanitaire lui-même est menacé, nous devons sans relâche nourrir l’empathie plutôt que le désespoir. Je reviens donc à cette question : jusqu’où serionsnous prêts à nous investir si nous voyions un peu de nous-mêmes dans les autres?

Pour moi, la réponse repose sur notre humanité commune. Ce sont les liens qui nous unissent les uns aux autres qui transcendent les frontières et les divisions. Ces liens constituent le tissu même du mouvement humanitaire dont vous et moi faisons partie.

Merci pour votre soutien. Votre compassion compte, maintenant plus que jamais.